St-Martin Colmar Adoration_des_Mages

La visite des mages (Mt 2, 1-12)

Pour contrebalancer ce commentaire gentillet mais complètement littéraliste produit par KTO et cet exposé donné au Collège des Bernardins qui mélange la tradition évangélique avec les légendes les plus excentriques, je vous propose cet extrait d’un livre de Alberto Mello « Evangile selon Saint Matthieu » (Ed. Cerf, coll. « Lectio divina », n° 179, 1999) dont l’original italien a été publié sous l’égide de la Communauté de Bose (ce ne sont pas des hérétiques a priori !)

« Ce récit est donc fortement légendaire, mais pourtant très riche en contenus symboliques et pré-figuratifs. Il préfigure, avant tout, l’histoire d’un Messie, « Roi des Juifs » en qui, paradoxalement, croiront plus les gentils que les juifs qui l’attendaient et à qui il était destiné. Et cela reflète le « mystère » dont parle Paul dans l’épitre aux Romains : « Si leur chute a été la richesse du monde et leur faillite la richesse des nations, que ne sera pas leur participation totale ! » (voir Rm 11, 12 s.). Mais du point de vue symbolique aussi le passage est très dense et peut esquisser toute une théologie de la révélation. Il y a, en effet, deux coordonnées qui permettent de reconnaître le lieu où se trouve le Messie : l’étoile et l’Ecriture. L’étoile qui représente les signes des temps, les occasions de l’histoire et aussi, plus banalement, les hasards de la vie. C’est le Verbe inscrit dans la création, le langage silencieux des choses. L’étoile conduit près de l’événement messianique, mais elle n’atteint pas la cible à elle seule : il faut aussi la vérification de l’Ecriture. Les mages ne montent pas directement jusqu’à Bethléem, ils s’arrêtent à Jérusalem. C’est de Sion que sort la Torah, de Jérusalem la parole du Seigneur (voir Is 2, 3). Autrement dit, il faut la médiation d’Israël, malgré son incrédulité, qui n’est jamais que partielle (voir Rm 11, 25). C’est seulement dans la conjonction, entre l’étoile apparue aux gentils et la parole, gardée par Israël, qu’il est possible de reconnaître l’événement du Messie. L’étoile conduit à l’Ecriture et l’Ecriture réactive l’étoile : ensemble elles conduisent au lieu où se trouve l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous. C’est à ce moment-là que l’étoile s’arrête, la parole se faisant événement, et nous sommes comblés d’une très grande joie. »

Oui il faut avoir le courage de le dire et de l’écrire : « Ce récit est donc fortement légendaire »

Emission KTO relayée par la CEF :

https://tv.catholique.fr/foi-et-spiritualite/11075-pourquoi-letoile-filante-a-conduit-les-rois-mages-chez-herode/?fbclid=IwAR3O_Ima-8eXay2QRAHYFWZ5vGpAMOW2OS-9ELf70J61WW3FujyGG0P_UMQ

Exposé au Collège des Bernardins :

https://www.youtube.com/watch?v=-a70RACgZoI&feature=youtu.be&fbclid=IwAR2Ua7QFK1nJr7PGuMVZE5p2tqh-to71euaulDkEL1LFtDyXy0mbj4Z1jJk

Photo : tympan de Saint Martin de Colmar (13° s.)